Battambang: train de bambou et cours de cuisine!

Nico teste le Bamboo Train

Etape suivante dans une ville assez connue du Cambodge: l’authentique Battambang! C’est drôle, ça fait assez énergique comme nom, mais en réalité, c’est une ville qu’on a trouvée particulièrement calme (effet sans doute lié aux fêtes de Noël). Pourtant, Battambang est la deuxième ville la plus peuplée du Cambodge, capitale de la province du même nom et abrite de nombreux sanctuaires hindous et bouddhistes. Une belle découverte pleine de surprises!

Une arrivée mémorable

C’est en bus que nous atteignons Battambang sous une chaleur écrasante. Notre arrivée fut pour le moins surprenante: un groupe de chauffeurs de tuk-tuk agitant des pancartes qui indiquaient le tarif de la course, s’agglutinent autour du bus. Croisant le regard de l’un d’entre eux, je lui fais signe qu’on sera deux et qu’on souhaite monter avec lui. M’ayant repérée, il s’approche un peu plus de la porte du bus pour nous y attendre. Il s’appelle Jo, et nous amène à la Tomato Guesthouse. A l’arrivée, nous reconnaissons Clotilde que nous avions rencontrée à Kratie lors de notre passage de la frontière entre le Laos et le Cambodge. Jo nous propose à tous les trois de nous emmener voir le réveil des chauves-souris au pied d’une grotte et de partager la course. Nous lui demandons de revenir une heure plus tard afin que nous puissions prendre un peu de temps pour déposer nos affaires et faire un peu plus ample connaissance avec les propriétaires de la guesthouse. On y rencontre un jeune homme français qui travaille ici. Ancien militaire, il a ensuite monté sa petite entreprise qu’il a revendue au prix fort pour venir s’installer définitivement au Cambodge. Il a été recueilli par les propriétaires de la guesthouse qui le logent et le nourrissent en échange de quelques tâches ménagères et de la tenue du bar (très sympa, le rooftop!). La Tomato Guesthouse propose plusieurs chambres doubles, ainsi qu’un grand dortoir. Et c’est pour ce dernier que nous avons opté, à 2$ le lit, on n’allait pas se priver. Nous y sommes restés quatre nuits en tout. En une heure de temps, nous avions à peine pris possession des lieux que nous partions déjà à la découverte des alentours de Battambang, car Jo revenait avec son tuk-tuk.

L’adorable Jo s’est montré admirable en tant que guide. Sur la route, nous croisons un homme qui vendait du serpent grillé: Jo s’y arrête et nous fait goûter cette spécialité, un vrai régal!

Serpent grillé Battambang

Puis nous nous dirigeons vers le temple Phnom Sampov et ses grottes de la mort (sous le régime du Pol Pot, les résistants y étaient jetés vivants et ne pouvaient aucunement en ressortir). Pour y accéder, il faut monter une énorme côte (et il nous restait peu de temps avant le coucher du soleil). Jo n’a pas le droit de nous emmener jusqu’en haut: d’autres hommes déjà sur les lieux proposent leur course, mais nous déclinons et entamons la petite randonnée à pied avec Clotilde. Nous atteignons les grottes, mais alors que Clotilde et Nico s’engouffrent à l’intérieur avec d’autres touristes, je recule d’un pas et sent un frisson me parcourir l’échine: cet endroit transpire la mort et la souffrance, je n’ai pas pu y mettre les pieds, et j’ai préféré passer plus de temps à contempler le temple. Pour le coup, j’ai manqué de courage, mais c’est une visite intéressante, d’après mes compères.

Phnom Sampov

Au soleil couchant, nous pressons le pas pour redescendre à temps et ne pas manquer la sortie des chauve-souris. Jo nous attendait en bas, et c’est tous ensemble que nous avons admiré les animaux s’éveiller un à un et partir en groupe formant un énorme nuage noir vers le lac de Tonlé Sap pour chasser. En attendant leur envol, nous avons un peu discuté avec Jo qui parle anglais. Il nous raconte la vie de ses parents instituteurs sous le régime des khmers rouges, récit bouleversant auquel nous laissons à Jo sa part de secret.

Bat Cave_Battambang

Des temples, encore des temples!

Après cette première journée plein d’émotions, nous prenons la route pour découvrir d’autres vestiges. Voici les différents temples explorés:

  • Ek Phnom Temple

A l’entrée, vous apercevrez un énorme bouddha, puis un temple à colonnes. Derrière celui-ci se trouvent des ruines que l’on peut explorer. Attention, plusieurs personnes se sont accaparées du temple et demandent de l’argent. Refusez poliment, et restez souriants. Ils ne mordent pas, ils sont juste dans le besoin, et c’est bien triste.

Ek Phnom Temple_1

Ek Phnom Temple_2

  • Wat Domrei Sor & Torture Museum

Le temple (à colonnes) de l’éléphant blanc, et un sanctuaire bouddhiste où nous avons croisé de nombreux moines. Tout près se trouve le musée de la torture, mais il était fermé quand nous y sommes allés.

Torture museum

  • Banon Hill Temple

Il faut s’éloigner un peu de la ville et gravir de nombreuses marches en pierre avant d’atteindre ce temple, mais il vaut vraiment le détour. Perché en haut de sa colline, ces vieilles pierres ont un charme fou, nous on adore. Et c’est encore plus beau au soleil couchant.

Banon Hill

  • Baset Temple

Encore de vieilles ruines, mais assez originales. 

Baset Temple

Battambang à vélo

Bon, c’est bien joli les temples, mais si on visitait vraiment Battambang? Pour l’histoire, la ville est entourée de killing fields (champs d’exécution) datant de l’époque coloniale mais surtout du Pol Pot. Il y règne une atmosphère assez pesante même si la ville a réussi à retrouver un certain dynamisme. Ses bâtiments jaunes la rendent vive et charmante. En sillonnant les routes, nous avons trouvé des petits recoins sympas dont une galerie d’art située près de l’hôtel… où nous avons bu un coup sans même en être clients! (on n’est pas certain qu’ils aient remarqué…).

Galerie d'art Battambang

Galerie d'art Battambang Tableau

Bamboo Train

A vélo, on a poussé jusqu’au petit train de bambou, une attraction touristique qui attire du monde, mais qu’on avait vue dans un reportage (je vous mets le lien dans les infos pratiques). Le train de bambou était utilisé il y a quelques temps par les habitants isolés qui n’avaient d’autre choix que de se rendre en ville par ce biais. Les agriculteurs ou producteurs y envoyaient aussi leurs marchandises afin qu’elles soient vendues. Aujourd’hui, cette portion de rail n’est utilisée que pour le tourisme bien que quelques familles s’en servent encore. Même si ça fait un peu Disneyland, on trouve que c’est bien de s’imprégner de la culture locale et de se rendre compte des moyens utilisés à une certaine époque. 

Bamboo train_1

Nous roulons une dizaine de minutes à travers les champs. Parfois, certains morceaux de rail ont été remplacés par du bois. Il n’y a qu’un seul rail pour les deux sens de la circulation. A ce moment là, le moins chargé doit stopper son bamboo train et le démonter pour pouvoir laisser passer celui qui arrive en face.

Bamboo train rails

Bamboo train_2

Au bout de la balade, un village construit de toute pièce pour les touristes. Des familles entières sont mises à contribution et vendent des souvenirs. Les enfants réclament de l’argent ou veulent offrir des bijoux. Malgré leur petite frimousse adorable, s’il-vous plaît parlez-leur (ils ont un anglais meilleur que le nôtre!) mais ne cautionnez pas ce tourisme malsain. On en a déjà parlé, mais si les touristes leur rapportent plus d’argent que l’activité de leurs parents, les enfants seront de plus en plus réquisitionnés, et c’est un travail à plein temps. 

Au retour, Nico a même eu le culot de demander à conduire, et le guide l’a laissé faire (bien qu’il n’ait rien eu à faire, au final). Nous, on est des vrais gosses, et on a trouvé ce moment très plaisant. A faire avec ou sans enfant!

Cours de cuisine chez Coconut Lyly

Tout près de la Tomato Guesthouse se trouve un restaurant réputé dont le propriétaire ouvre ses portes tous les matins pour un cours de cuisine: le Coconut Lyly. Un petit tour sur le marché de Battambang où l’on achète les produits dont nous avons besoin, puis, après avoir enfilé nos toques et tabliers comme de vrais commis, nous entamons le cours sous l’oeil aiguisé de notre chef (on a oublié son nom, malheur!). 

Cooking Class

Nous avons eu la chance de choisir quels plats nous allions cuisiner de l’entrée au dessert. Nous avons choisi de faire des nems, de cuisiner le amok (spécialité cambodgienne à base de poisson et de lait de coco) ainsi qu’un dessert au chocolat (j’aurais préféré le dessert à la noix de coco, mais ça faisait un peu trop pour Nico qui n’aime qu’à petite dose 😉 ).

Amok de poisson

Coconut Lyly

Nous étions vraiment fiers d’avoir relevé le défi, c’était excellent et surtout, toute la petite famille est très sympa! Une belle découverte à faire absolument si vous êtes de passage à Battambang. 

Cette étape nous a permis de nous imprégner complètement de la culture locale cambodgienne. Après la frénétique Siem Reap, la campagne de Battambang nous a fait un bien fou, et nous y avons découvert beaucoup de choses très intéressantes. Des moments simples, un pur bonheur. 

Infos Pratiques

Logement:
Tomato Guesthouse, tenue par une famille adorable. Le dortoir est propre, les lits confortables. Le rooftop est très sympa, la nourriture est bonne. Que demander de plus?
La page facebook de la Tomato Family

Transports:
Bus entre Siem Reap et Battambang: 5$
Balade en tuk-tuk avec Jo: 9$ pour 2
Location de vélos: 2$ 
Location de moto: 6$

Activités:
Tous les temples se visitent soit gratuitement, soit entre 1 et 2$.
Bamboo train: 5$
Galerie d’art: 5$
Cours de cuisine & dégustation chez Coconut Lyly: 10$/personne
Réservation: www.coconutlyly.com

Le reportage sur le Bamboo Train

2 thoughts on “Battambang: train de bambou et cours de cuisine!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *